Kangourou Magique en Australie : la mission du père Noël

Rencontrez les héros de cette aventure (et des suivantes !) :

Aino et Leo

Aino, 7 ans, et Leo, 5 ans, sont frère et sœur, mais aussi meilleurs amis ! Avec leur papa et leur maman, ils habitent à Oulu, une ville de Finlande. Toutes les aventures racontées ici viennent de l’imagination des enfants, ce sont des histoires qu’ils s’inventent quand ils sont dans leur chambre. Parfois, quand Aino et Leo sont déjà au lit, leurs parents peuvent encore entendre des chuchotements, des murmures, de légers cliquetis ou des bruits de chocs provenant de la chambre. Chacun leur tour, ils montent voir ce qu’il se passe, mais à chaque fois, les enfants ont l’air de dormir paisiblement, bien au chaud dans leur lit. Est-ce l’étage qui serait hanté, ou est-ce simplement le vieil escalier qui grince ?


Kangourou Magique

Kangourou Magique est née en Australie, comme la plupart des kangourous. Quand elle était petite, elle était un kangourou tout ce qu’il y a de plus normal et vivait heureuse dans la poche de sa maman. Dans cette histoire, on découvre comment Kangourou Magique a obtenu ses fameux pouvoirs magiques, et comment elle est devenue amie avec le père Noël, Bon l’ours en peluche, et !Kwawk! le canard. Aujourd'hui, Kangourou Magique et ses amis parcourent le monde entier pour assister le père Noël dans son travail : ils offrent leur aide à tous ceux qui en ont besoin, les humains comme les animaux !


Boniface, l’ours en peluche

Ses amis l’appellent aussi Bon ! C’est peut-être l’ours en peluche le plus minuscule du monde, mais sans doute aussi le plus brave. Bon sait plein de choses, même s’il n’a jamais été à l’école. Il a appris à lire quand il était petit (bien qu’il n’ait pas beaucoup grandi depuis, vous l’avez compris). Boniface lit, il observe, il réfléchit, et il est désormais sûr d’une chose : tous les habitants du monde et toutes les créatures vivantes ont besoin d'aide à un moment ou à un autre de leur vie. Et Bon est bien décidé à les aider. Une dernière chose sur Bon : il n’a jamais peur de rien. Ou peut-être un peu du noir, parfois, mais vraiment un petit peu, et puis aussi de... Non, nous n’en dirons pas plus. Vous le découvrirez en lisant ces aventures !


!Kwawk! le canard

!Kwawk!, lui, n’a vraiment peur de rien. Il a été adopté par un couple de cygnes quand il était petit. Ses parents l’ont élevé comme leur propre fils après qu'un brochet lui ait pris sa mère et ses frères et sœurs. !Kwawk! est très courageux et souvent plein de ressources, même dans les situations qui font peur. Il veut aussi sauver le monde, à condition de pouvoir jouer le héros de temps en temps. !Kwawk! a une drôle de manière de parler. Déjà, il cancane très fort, si fort que tous les méchants alentour peuvent l’entendre, même quand il murmure. Mais il parle aussi à l’envers, en prononçant les dernières lettres des mots en premier. C’est pour cette raison que son papa et sa maman cygnes lui ont donné ce prénom, qui peut se lire de la même manière dans un sens comme dans l’autre, et que l’on peut crier sans problème !


Le père Noël

Vous le connaissez déjà, bien sûr. Il vit en Finlande, dans un lieu qu’on appelle le Monde de Noël. En finlandais, ce lieu a un autre nom : Korvatunturi. Depuis quelques années, le père Noël et les habitants du Monde de Noël ont décidé d’offrir moins de cadeaux matériels. À la place, ils s’affairent tout au long de l'année et dans le monde entier pour aider les gens à reconnaître ce qui est vraiment important dans la vie, et pour leur venir en aide quand ils sont en difficulté. Selon le père Noël, il faut se montrer bon et généreux à Noël, bien sûr, mais ce que l’on fait les 364 autres jours de l’année compte aussi beaucoup.

Kangourou Magique reçoit un nom et rencontre Bon et !Kwawk!

Aino avait passé une super fête d’anniversaire pour ses 7 ans. Elle s’était amusée avec tous ses amis pendant la journée, et le soir, ses parents recevaient de la famille pour l’occasion. Pendant que les adultes continuaient de discuter en bas, Aino et Leo se préparaient pour aller dormir. Ils avaient monté les escaliers, enfilé leur pyjama, et s’étaient brossé les dents. Mais avant de se mettre au lit et d’éteindre les lumières, ils avaient aussi toujours le droit de jouer un peu.«


Leo, regarde ! On m’a offert ce kangourou pour mon anniversaire. Génial, non ? », s’exclama Aino. « Comment il s’appelle ? », demanda Leo, qui tenait déjà dans ses mains deux de leurs jouets préférés, Bon l'ours et !Kwawk! le canard. « C’est une fille ! », répondit Aino. « Je vais l’appeler... », poursuivit-elle en étudiant les accessoires de ses poupées. Saisissant une belle cape verdâtre, un peu brillante, comme celles que portent les magiciens, elle l’attacha au cou de son kangourou et termina sa phrase : « ...Kangourou Magique ! ». « Oui !


Et elle pourrait faire plein de tours de magie ! », s’écria Leo, débordant d’enthousiasme.« Et on pourrait dire qu’elle fait partie d’un club, avec Bon et !Kwawk!, un club qui vit plein d’aventures », continua Aino, toujours pleine d’idées. « Il faudrait trouver un nom pour le club », observa Leo. Il savait de quoi il parlait, il formait lui-même un groupe de jeu avec ses amis, « Les hirondelles ».


Leur maman apparut à la porte. « Les enfants, il est l’heure d’aller se coucher ! » Aino et Leo se levèrent pour grimper dans leur lit. Après les avoir bordés, leur maman leur souhaita bonne nuit avec un bisou. Après une journée si palpitante, les deux enfants s’endormirent très vite.


Pendant tout ce temps-là, Bon, !Kwak! et Kangourou Magique étaient restés sur le sol. « YEH, iuq se-ut ? » chuchota !Kwawk!. Les enfants s'agitèrent dans leur lit. Le murmure de !Kwawk! avait failli les réveiller. « Je suis Boniface l’ours en peluche, mais tout le monde m’appelle Bon. Et ce canard pas très discret, c’est mon ami !Kwawk!. Tu vas voir, il parle bizarrement, mais on apprend très vite à le comprendre. Il demandait, qui es-tu ? », expliqua Bon tout bas. « Je ne sais pas encore vraiment. Je suis un kangourou, ça c’est sûr. Et j’imagine que je suis née en Australie. Vous savez d’où me vient cette cape, vous étiez là quand on me l’a offerte. Et je crois que je peux faire de la magie, c’est pour ça que je m’appelle Kangourou Magique. » La conversation lancée, les trois amis continuèrent de faire connaissance, mais pas sans s’être d’abord mis d’accord sur une chose : seuls Kangourou Magique et Bon parlaient, les chuchotements du curieux et enthousiaste !Kwawk! se feraient entendre jusqu'en bas, sans aucun doute.

Le visiteur du soir

La nuit arrivée, tout le monde s’était endormi. Tout le monde ? Non, pas Kangourou Magique, qui n’arrivait pas à trouver le sommeil. Impossible de dormir après une telle journée ! Soudain, elle entendit un bruit qui venait du coin de la pièce. Comme si quelqu’un marchait sur la pointe des pieds, pour ne réveiller personne.


Kangourou Magique se leva en silence et sautilla sur la pointe des pattes en direction du bruit. Derrière l’armoire, elle aperçut une silhouette. Leurs regards se croisèrent et ni une ni deux, nos deux protagonistes se jetèrent au sol dans une lutte silencieuse. Quelques souffles et halètements s’échappaient de la mêlée, mais ils ne prononcèrent aucun mot. Finalement, Kangourou Magique pris le dessus et parvint à s’assoir sur la poitrine de son adversaire. Elle n’avait jamais rien vu de tel. Son mystérieux opposant portait un chapeau rouge et des bottes en feutre. Une barbe et une paire de sourcils touffus recouvraient la majeure partie de son visage.


« Qui es-tu ? Et que fais-tu là, à te faufiler en douce dans la chambre de mes nouveaux amis ? », demanda sèchement Kangourou Magique. « Moi ? Me faufiler en douce ? J’arrive tout droit du Monde de Noël ! Mon nom est Tomelius, je suis un lutin éclaireur. Je viens ici depuis des années pour vérifier qu’Aino et Leo sont bien sages. C’est l’une des principales missions des lutins. Le père Noël se tient au courant de tous les enfants du monde. Dans le Monde de Noël, notre objectif n’est plus uniquement de distribuer des cadeaux. Nous voulons surtout aider les gens et les animaux, où qu’ils se trouvent sur Terre. Bien sûr, les enfants resteront toujours notre priorité. Nous continuerons toujours de leur apporter des cadeaux à Noël. Les enfants aiment les cadeaux. C’est important pour eux », répondit Tomelius sans reprendre son souffle.


« Mais toi, qu’es-tu donc ? Tu ne serais pas un tigre, par hasard ? Je n’en ai jamais vu, mais j’ai entendu dire qu’ils étaient très forts et effrayants. Bon, tu ne fais pas très peur, et niveau force, je dirais qu’on est à égalité », poursuivit Tomelius. « Je suis Kangourou Magique, et je viens d’arriver ici. Je suis une amie d’Aino et de Leo, et de Bon et !Kwawk! », répondit Kangourou Magique sans hésiter. « Et je peux faire de la magie ! Je ne sais pas vraiment comment, mais c’est Aino qui l’a dit », ajouta-t-elle avec moins d’assurance, les yeux baissés sur ses grandes pattes.


« Alors, tu peux faire de la magie, et tu es aussi très forte », reprit Tomelius, réfléchissant à voix haute. « Tu sais quoi ? Et si on devenait amis ? Après notre bagarre de tout à l’heure, j’ai l’impression qu’on cumule tous les deux pas mal de bosses et de bleus. Si tu veux bien, je t’invite à venir avec moi visiter le Monde de Noël », proposa Tomelius. « C’est d’accord ! Décidément, je n’arrête pas de me faire de nouveaux amis aujourd’hui », répondit Kangourou Magique d’un ton joyeux, quoi qu’un peu pensif, tout en massant la bosse qui commençait à pointer sur son front.


« On peut partir dès maintenant. Au Monde de Noël, il y a de l’animation à toute heure du jour et de la nuit, de janvier à décembre. Là-bas, on s’y connaît aussi un peu en magie. Je suis sûr que je peux t’aider à découvrir quels sont tes pouvoirs », dit Tomelius. « D’accord, allons-y ! Mais comment exactement ?», demanda Kangourou Magique. « Je vais sauter dans la poche que tu as sur le ventre. Après, il te suffira de taper deux fois du pied tout en pensant très fort au Monde de Noël », expliqua Tomelius. Et c’est exactement ce qu’ils firent. Au moment où la patte de Kangourou Magique frappa une seconde fois le sol, tout ce qui les entourait s’illumina d’une lumière éblouissante, et ils entendirent comme un bref bruissement. Quand Kangourou Magique et le lutin Tomelius ouvrirent à nouveau les yeux, ils découvrirent qu’ils avaient atterri au beau milieu du Monde de Noël, sur la place du marché. « Et voilà, c’est comme ça que tu peux te déplacer avec la magie. Tu as découvert un de tes pouvoirs. Bienvenue au Monde de Noël ! », s’exclama Tomelius, très content de lui. Il sauta de la poche du kangourou et remit en ordre ses vêtements.

Kangourou Magique et le Monde de Noël

Soudain, une voix s’éleva derrière les deux nouveaux amis : « Qui vois-je là ? Tomelius, le seul et l’unique ! Que fais-tu ici, et qui est ton amie vêtue de cette si belle cape ?


» Tomelius et Kangourou Magique se retournèrent en même temps. Devant eux se tenait un personnage habillé de rouge. Il avait une impressionnante barbe grise, et des boucles de cheveux gris s’échappaient de son bonnet rouge. Sa veste et son pantalon étaient rouges également, à l'exception de l’extrémité des jambes et des poignets, qui arboraient de la fourrure blanche. Bien plus grand que Kangourou Magique et Tomelius réunis, l’individu portait des bottes en cuir pointues qui lui remontaient presque jusqu’aux genoux. Les coins de sa bouche étaient relevés en un sourire, et dans ses yeux d’un mélange de bleu, de brun et de vert luisaient la bonne humeur et une certaine curiosité.


« Père Noël, quelle heureuse coïncidence ! », s’écria Tomelius. « Je vous présente mon amie, Kangourou Magique. On a eu, si l’on peut dire, une rencontre de choc cette nuit, pendant ma mission d’observation », poursuivit-il. À la mention du mot « choc », le père Noël s’étonna de voir les deux amis se frotter le front.


« Ravi de faire ta connaissance, Kangourou Magique. Ici, la magie, ça nous connaît », répondit-il en adressant un sourire à notre héroïne, tout en l’observant d’un regard bienveillant. Tout d’un coup, un cri se fit entendre derrière le père Noël. Il eut à peine le temps de se retourner pour voir une lutine tomber d'une tour, à l'angle de la place, que la cape de Kangourou Magique était déjà apparue sous la petite fille, la ramenant saine et sauve au sol. Surprise, la fillette courut immédiatement dans les bras de sa mère, qui émergeait de la tour, un air de soulagement sur le visage.


« Eh bien, ça c’est de la magie, ou je ne m’y connais pas ! », s’écria le père Noël avec admiration, une fois qu'ils s’étaient tous remis de leur frayeur. Kangourou Magique était heureuse que personne ne lui demande d’expliquer exactement ce qui venait de se passer. Elle n’aurait pas su le dire elle-même. En voyant la fillette chuter, elle avait invoqué la cape de manière instinctive, sans même y réfléchir.


« Écoute, Tomelius », commença prudemment le père Noël, « si vous êtes tous les deux d’accord, tu pourrais montrer à Kangourou Magique notre atelier de fabrication de jouets, et vous pourriez aussi visiter le service des beaux rêves et des douces nuits. J'ai encore quelques affaires à régler, mais nous pourrions nous retrouver à mon chalet dans une heure. Dînons tous ensemble, avec mère Noël ! J’aimerais vous parler de quelque chose et demander votre aide. »

Chez le père Noël

« Merci d’avoir accepté mon invitation. Kangourou Magique, bienvenue chez moi, au siège même du Monde de Noël ! Nous vous avons préparé un petit dîner. Comment était la visite ? », demanda le père Noël en accompagnant ses invités vers la salle à manger, où les attendaient de délicieux mets à grignoter.


« Nous avons visité plein d’ateliers, et avons aussi eu la chance d'assister aux répétitions de vol des rennes, avec le traîneau. Juste après, Kangourou Magique a eu le droit de les caresser et de leur donner à manger, elle était folle de joie », rapporta gaiement Tomelius, se remémorant avec plaisir l’heure qu’ils venaient de passer ensemble.


« Écoutez, mes amis, et surtout toi, Kangourou Magique. J’aimerais demander l’aide de ton club, au nom du Monde de Noël. Depuis quelque temps, nous avons diversifié nos activités. Nous ne faisons plus que livrer des cadeaux au réveillon ou le jour de Noël. Aujourd’hui, nous offrons aussi notre aide à tous les êtres vivants de la planète, toute l’année. Et la meilleure aide que nous puissions offrir, c'est d’inspirer les gens à s'entraider davantage à l'avenir », déclara le père Noël.


« Si vous le voulez bien, j’aimerais prendre un instant pour vous parler de la situation actuelle en Australie. Là-bas, ils ont besoin d’aide pour régler les problèmes causés par le changement climatique, qui touche autant les humains que les animaux. Kangourou Magique, à toi de voir si ton club serait prêt à nous assister, après avoir entendu ce que j’ai à dire. N’hésitez pas à manger pendant que je parle, bien sûr. » Kangourou Magique et Tomelius ne se firent pas prier deux fois. Ils hochèrent la tête en silence tout en grignotant joyeusement les plats qui s’offraient à eux.


« En Australie, les perturbations liées aux conditions climatiques sont de plus en plus nombreuses. Dans certains endroits, la situation continue d’empirer depuis un certain temps déjà. Les températures élevées, en particulier autour de la Grande barrière de corail, représentent un vrai danger pour la nature, tant en mer que sur terre. Les gens en souffrent beaucoup. Mais le changement climatique cause aussi d’autres problèmes, notamment des feux de brousse. Ils se produisent souvent et il n'y a pas assez de pompiers et d'équipements pour faire face à leur multiplication », expliqua le père Noël. « Que dirais-tu, Kangourou Magique, de te rendre en Australie avec ton club ? Là-bas, vous pourriez faire au mieux pour venir en aide aux gens et aux animaux », poursuivit le père Noël, en prenant un instant pour boire son jus de fruit. Pendant son discours, il s’était surtout adressé à Kangourou Magique, mais en jetant aussi des regards à Tomelius, comme pour lui demander son soutien.


Il ne fallut pas beaucoup de temps à Kangourou Magique pour lui donner sa réponse. « J’ai passé une journée et une soirée vraiment fantastiques. J’ai trouvé un nouveau nom, de nouveaux amis, une nouvelle maison, et j’ai même eu la chance de voir de mes propres yeux les merveilles du Monde de Noël. Et j’ai aussi découvert mes pouvoirs magiques. Ce serait un privilège pour moi, pour nous, de pouvoir vous aider. Je suis prête à parier ma cape que les autres membres du club seront heureux de participer à cette aventure », dit-elle avec enthousiasme. « Par contre, j’ai une condition », ajouta-t-elle en souriant au père Noël. « J’aimerais que Tomelius nous accompagne. Après tout, c'est surtout grâce à lui que nous nous sommes rencontrés, et que nous pouvons offrir notre aide aujourd’hui », dit-elle. « Bien sûr », conclut le père Noël, satisfait. « Vous pouvez commencer votre mission demain à la première heure », ajouta-t-il en mettant fin à leur réunion.


Il se faisait tard. Tomelius et Kangourou Magique se léchèrent le bout des doigts et s’essuyèrent la bouche, l’un sur sa manche, l’autre sur sa cape. Après avoir serré la main du père Noël pour lui dire au revoir, ils se préparèrent pour leur retour. Tomelius sauta dans la poche de Kangourou Magique, qui frappa sa patte deux fois sur le sol, en pensant très fort à la chambre d’Aino et de Leo. En un clin d'œil, ils atterrirent au milieu de la pièce. Ils étaient tous les deux si fatigués qu’ils s’endormirent immédiatement. Tomelius n’avait même pas pris la peine de sortir de la poche de Kangourou Magique.

Le club se rend en Australie

Le matin venu, une fois tout le monde réveillé, Kangourou Magique raconta à Aino, Leo, Bon et !Kwawk! ce qui lui était arrivé pendant qu’ils dormaient. Les autres n’en croyaient pas leurs oreilles. Elle fit alors sortir son nouvel ami lutin de sa poche, qui s’empressa de les convaincre que tout ce que leur avait expliqué Kangourou Magique était vrai : « Aussi vrai que je m’appelle Tomelius », conclut-il. Et son nom était en effet Tomelius, comme vous et moi le savons déjà parfaitement.


Ils décidèrent à l'unanimité que le nouveau club d'aventure et ses membres allaient devenir les assistants du père Noël et du Monde de Noël. C’est ainsi que la promesse que Kangourou Magique avait faite au père Noël devint leur première mission. Ils décrétèrent que leur club s’appellerait « Lançons le mouvement » et élurent Kangourou Magique présidente. Pour sceller la création du club, ils joignirent tous (Tomelius compris) leurs mains et leurs pattes et crièrent à l’unisson : « Lançons le mouvement !» Tous, sauf bien sûr !Kwawk!, qui cria : « Snoçnal el tnemevuom !».


« Maintenant, mettons nos paroles en action », proposa vivement Tomelius, avant d’inviter toute la petite troupe à le suivre dans la poche de Kangourou Magique. C’était une poche magique, bien sûr, et même si elle paraissait à première vue un peu étroite, elle était en réalité bien plus grande à l’intérieur. Une fois tout le monde prêt pour le départ, Kangourou Magique frappa le sol de ses deux fameux coups de patte en pensant très fort à l’Australie, et les membres du club firent un bond magique en aller simple pour le pays des kangourous.

L’urgence australienne

Dès leur arrivée en Australie, nos héros réalisèrent immédiatement à quel point leur aide serait précieuse. La plage où ils se trouvaient était pleine de gens en maillot de bain, adultes et enfants confondus, mais presque personne ne se baignait. Le groupe s’approcha du rivage pour plonger leurs orteils dans la mer, sauf Bon. Pourquoi ne voulait-il pas goûter l’eau, vous demandez-vous. Et bien, voyez-vous, Bon n’a jamais peur de rien, sauf, peut-être, du noir. Et peut-être, aussi, que ses doigts de pied fondent si l’eau est trop chaude. Ce qui serait d’ailleurs étonnant, car Bon n’a pas de pieds. Il a des pattes. « L’eau est brûlante ! C’est impossible de rester dedans trop longtemps, ni pour nager ni pour jouer », s’écrièrent-ils tous à l’unisson. « Et ce n’est pas le seul problème que nous avons ici », leur répondit une petite fille, qui se tenait non loin. Elle avait l’air un peu plus âgée qu’Aino. « Au fil des ans, la hausse des températures a entraîné la détérioration de nombreuses parties de la Grande barrière de corail, au large de la plage. La chaleur blanchit et tue les coraux », poursuivit gravement la fillette. « Les scientifiques et les chercheurs disent que beaucoup d’espèces risquent de disparaître dans les prochaines décennies. Des coraux, des oiseaux, les petits poissons qui se trouvent dans le récif, mais aussi les requins, les lamantins, les phoques et les baleines. Nous devons arrêter le changement climatique et le réchauffement des océans », conclut-elle, avec l'air d'avoir vraiment étudié le sujet.


« Je crois que j’ai une idée, si nous avons suffisamment de pouvoirs », déclara Bon après un long moment de silence. « On pourrait récupérer un iceberg dans l’Antarctique, ou à côté, et le ramener ici. L’eau glacée aiderait à refroidir la température de l'eau, au moins pendant un certain temps », suggéra-t-il. « Excellente idée !», s’exclama en cœur le petit groupe. Ils commencèrent par trouver de longues cordes et d’immenses grappins. À la demande de Bon, un groupe de baleines qu'ils avaient aperçues devant le récif promit de transporter le club et son matériel près de l'Antarctique. Vous l’ignoriez peut-être, mais Bon savait parler le langage des baleines, qu’il avait appris en regardant un dessin animé. Il parlait désormais la langue couramment. Si tant est que l'on puisse la « parler ».


Une fois qu’ils eurent trouvé l’iceberg parfait, ils joignirent leurs forces pour y arrimer les grappins, et relier ces derniers aux cordes. Ensuite, ils commencèrent à tirer. Tout le monde se saisit des cordes et, depuis la poche de Kangourou Magique, ils remorquèrent l’iceberg. Les baleines aidaient de leur mieux : elles nageaient toutes à bonne distance l’une de l’autre pour permettre à Kangourou Magique de sauter sur leur dos jusqu’à l’Australie.


Enfin, ils virent la terre se dessiner à l’horizon et s’approchèrent du rivage de la plage. L'iceberg avait commencé à fondre, et l’eau s’était effectivement refroidie. Les gens allaient enfin pouvoir se baigner. Les poissons, les coraux, et toutes les autres formes de vie de la Grande barrière de corail reprirent vie peu à peu, à mesure que les eaux de la côte se rafraîchissaient. Les amis se mirent à jouer avec les enfants sur la plage, et avec les poissons, les crabes, les phoques, et toutes les créatures marines. Même Bon s’aventura dans l’eau pour jouer. Et il n’eut même pas peur quand il mit la tête sous l’eau, mais il prit bien garde de retenir sa respiration.


Hélas, leurs jeux furent interrompus lorsqu'un messager du département des lutins australiens accourut sur la plage, hors d’haleine. « Nous avons reçu un message du père Noël, il dit que vous êtes venus pour nous aider. Et là... On a vraiment besoin de vous ! », s’écria le lutin, essayant de reprendre son souffle. « Depuis des millions d’années, l’Australie est touchée par les feux de brousse. Heureusement, la nature s’est adaptée pour y faire face à sa manière. Mais avec le réchauffement climatique, ces feux se sont multipliés. Et pour la même raison, les vents sont plus forts et les tempêtes plus nombreuses. Ils provoquent des feux encore plus importants, qui menacent régulièrement les zones habitées. Les animaux et les humains sont de plus en plus souvent mis en danger », expliqua le lutin messager.«


C'était un excellent exposé des faits, merci, mais quel est le problème urgent dont tu parlais ? », demanda Tomelius à son collègue. « Iuo, leuq tse el emèlborp ?!! », répéta !Kwawk! d’une voix très forte qui fit sursauter le lutin messager. Il recula d’un pas pour observer !Kwawk! avec méfiance. Il reprit finalement ses esprits pour expliquer aux autres qu’un grand feu de brousse ravageait les alentours. « Toutes les casernes et tous les pompiers de la région sont déjà sur place pour tenter d'éteindre le feu, mais la tâche leur semble impossible. Le feu continue de se propager. Il a déjà commencé à détruire des maisons et il menace maintenant d’autres zones résidentielles» , poursuivit le lutin messager, au bord du découragement.


Le club arriva rapidement sur les lieux de l’incendie, grâce, vous l’aurez deviné, au puissant bon magique de Kangourou Magique. Le lutin messager les accompagnait. La zone était emplie de flammes et de fumée, et pendant un moment, la confusion régna parmi le petit groupe. Mais ils se reprirent vite et commencèrent à réfléchir à ce qu’ils pouvaient faire pour aider. Soudain, !Kwawk! s’écria bruyamment : « J’ia enu eédi !». Son explication étant particulièrement assourdissante, et un peu difficile à décrypter, mieux vaut que nous vous expliquions exactement ce qu’ils firent.


!Kwawk! déploya ses ailes et, volant en un grand cercle dans le ciel, il se mit à souffler. Et croyez-moi, quand !Kwawk! souffle, il pourrait déplacer des montagnes ! Mais cette fois-ci, il se contenta de pousser les nuages, petits et grands, au-dessus de l’incendie. En même temps, sans que personne ne les voie, le lutin messager et Tomelius, accompagnés du département des lutins australiens, avaient rejoint les pompiers et s’efforçaient avec eux d’éteindre le feu. Quand !Kwawk! eut rassemblé suffisamment de nuages, Kangourou Magique agita sa cape dans leur direction pour les refroidir. C’est alors qu’il commença à neiger. Kangourou Magique avait givré les nuages ! En tombant, les épais flocons éteignaient les flammes. Il neigeait tellement que le groupe d’amis démarra une bataille de boules de neige, quand ils n’essayaient pas de former des bonhommes de neige en forme de pompier. Mais ils cessèrent bien vite leurs jeux quand ils virent que des gens commençaient à soigner les animaux qui étaient parvenus à échapper aux flammes, et ils se précipitèrent pour aider. Les vrais sapeurs-pompiers, eux, continuèrent de combattre le feu jusqu’à tard dans la journée.

Une invitation inattendue

Le jour suivant, le club reçut une invitation du Premier ministre australien, qui conviait tous les membres à venir le rencontrer dans la soirée. Nos amis étaient sens dessus dessous, ne connaissant pas la raison de cette invitation inattendue. « Et si on avait enfreint des lois australiennes ? », avança Kangourou Magique. « Nous sommes entrés dans le pays sans passeport ! Et nous ne sommes pas passés par la douane ni les contrôles de sécurité ! », s’inquiéta Tomelius. « Ho, non ! », dit gravement !Kwawk! (pour une fois, de manière intelligible). « Ils vont nous jeter en prison, c’est sûr ! », s’exclama Bon, un soupçon d'effroi dans la voix, et se tortillant les pattes.


Tu parles ! En réalité, ils étaient invités à une célébration en leur honneur ! Le Gouverneur général de l'Australie et le Premier ministre, entre autres, étaient présents à l'événement. Ce dernier fit un discours dans lequel il remercia les membres du club pour leur comportement exemplaire. Ils reçurent tous une médaille du mérite pour l’aide qu’ils avaient apportée contre les effets du changement climatique en Australie. Vous devinez sans doute à quel point tout le monde, et en particulier !Kwawk! et Bon, se tenait digne et fier lorsque le Premier ministre leur remit leur médaille en les remerciant pour leurs actes héroïques.


Kangourou Magique eut même le droit de prononcer un discours. C’était bien la première fois qu’elle en avait l’occasion ! Et c’est sans doute pourquoi il fut très court. Nous le retranscrivons ici pour vous, mot pour mot :«


Je vous remercie pour ces médailles, de la part de tous les membres du club. Nous avons travaillé main dans la main, et c’est un plaisir d’avoir pu être utiles. C’est le but de notre club, où que nous allions pour aider. Comme vous le savez, nous avons été envoyés ici en mission par le père Noël. Il veut encourager les gens à se montrer bons les uns envers les autres, mais aussi envers la nature et tous les êtres vivants. Le père Noël dit que nous tous, qui peuplons cette planète, dépendons tous les uns des autres. Tant nos bonnes actions que notre indifférence affectent la vie que nous vivons sur Terre, aujourd’hui et à l’avenir. Le père Noël aimerait que Noël ne soit pas simplement un jour que l’on célèbre une fois par an. Ce pourrait être un état d’esprit et une aspiration à nous montrer plus sincères et à faire de bonnes actions durant toute l’année. L'esprit de Noël devrait accompagner les Australiens et tous les autres peuples de la Terre chaque jour de l'année. En vérité, ce n’est pas très difficile. Il suffit de lancer le mouvement !»Les invités, qui étaient tous des adultes, lancèrent des applaudissements et des acclamations à la fin du discours. Même si, à vrai dire, certains d'entre eux échangeaient des regards un peu confus et interrogateurs. C’est comme ça, les adultes. Les festivités n’étaient pas terminées : les tables regorgeaient de mets délicieux, et nos héros se régalèrent jusqu’à ce qu’on les mette au lit, le ventre plein de gourmandises, de pain d’épices et de jus de fruit.

L’aventure prend fin

« Oh non, vous entendez ? Les escaliers craquent ! C’est sans doute papa qui vient vérifier si on dort », murmura Aino. « Vite, remettons les jouets dans la malle, et au lit ! », poursuivit vivement la fillette. Leo se leva en hâte, serra rapidement dans ses bras Bon et !Kwawk! et les replaça dans la malle à jouets. Refermant le couvercle, il sauta dans son lit et se blottit sous sa couette. Au même moment, Aino éteignit les lumières et se dirigea sur la pointe des pieds vers son lit, Kangourou Magique dans les bras. Elle ferma les yeux et fit semblant de dormir. Ni l'un ni l'autre n'avaient remarqué que Tomelius avait discrètement disparu, probablement pour poursuivre son travail d'observation dans les maisons voisines.La porte s’ouvrit légèrement. « Bonne nuit les enfants », chuchota leur papa. N’attendant pas de réponse, il referma la porte aussi silencieusement qu’il l’avait ouverte.

Le lendemain matin, c’était dimanche : Aino et Leo n’avaient pas école. Sur le couvercle de la malle à jouets, ils découvrirent une enveloppe rouge, sur laquelle était écrit : « Club Lançons le mouvement ». Les enfants s’empressèrent de l’ouvrir. À l’intérieur se trouvait une courte lettre rédigée à la main sur un papier à lettres du Monde de Noël. Nous vous transcrivons ici son contenu :